SAISON 25-26
JEUNES POUSSES
Dans la continuité de la création Grandir d’Emmanuel Darley, mise en scène par Antoine de La Roche en février 2025, le Théâtre de Lorient développe un projet artistique avec l’IME de Kerpont autour d’une question centrale :
Qu’est-ce que grandir lorsque l’on évolue dans un cadre médico-éducatif ?
Après avoir collecté des témoignages d’élèves rencontrés lors de l’Itinérance, l’équipe artistique souhaite ouvrir un espace de parole, d’expression et de création destiné aux jeunes de l’IME. Ces derniers sont souvent confrontés à des réalités spécifiques liées à l’autonomie, au rapport au corps, à la vie sociale et à l’accès au monde professionnel.
Note d’intention d’Antoine de La Roche
Grandir a été programmé dans la saison itinérante du Théâtre de Lorient.
« J’ai croisé le texte d’Emmanuel Darley à une période de ma vie où mon regard d’adulte sur l’enfance était en plein bouleversement, du fait d’avoir un enfant différent, soumis à une hypervigilance parentale et à une permanence de soins hospitaliers. Je me suis alors souvenu de ma propre histoire : grandir et se construire n’est ni simple, ni facile, ni évident. Mais peut-être comme n’importe qui, et peut-être pas comme n’importe qui. »
— Antoine de La Roche
Notre idée est d’essayer ensemble, avec nos outils complémentaires, d’offrir à ce groupe de quoi construire un projet qui leur ressemble, sur le thème de « Grandir ».
Ces outils leur seront transmis à travers différents exercices basés sur l’écriture, le jeu, le corps, l’utilisation du son comme matière possible pour créer.
Nous partirons d’elles/d’eux, de leurs compétences et de leurs envies.
Nous essayerons de leur donner les moyens qu’elles et ils construisent ensemble ; du choix du titre jusqu’à la restitution.
Nous nous poserons donc plutôt comme des révélateur·rices ou coordinateur·rices de leurs envies artistiques.
Avec les jeunes de l’IME de Kerpont, à travers ce projet d’ateliers, l’idée est d’explorer la question de grandir quand on est en IME : comment on se détache de son foyer parental, comment on saute le pas de vivre sans eux, de trouver un emploi ?
Toutes ces questions supposent aussi de se demander quelles sont les propositions mises en place dans notre société pour faciliter l’insertion des jeunes en IME, des personnes autistes.
Ce projet vise à offrir aux jeunes de l’IME un espace d’expression artistique où leur parole, leurs vécus et leurs différences deviennent sources de création et de valorisation.
À travers le théâtre et le son, il s’agit de les accompagner dans leur construction identitaire, de renforcer leur autonomie, et de leur permettre d’expérimenter une pratique culturelle exigeante, inclusive et émancipatrice.
SAISON 24-25
PASSAGES
En partenariat avec la Sauvegarde 56, Radio Balises et la Salle de musiques actuelles Hydrophone, Le Théâtre de Lorient coordonne le projet de jumelage Passages qui convie les disciplines musiques actuelles, théâtre et l’outil radiophonique depuis 2023.
Le point de départ repose sur le travail du musicien et créateur sonore Nicolas Lespagnol-Rizzi qui développe le projet sous un format participatif : une chronique musicale et sonore composée avec des personnes invitées à écrire et enregistrer des données sonores avec le soutien de Radio Balises.
Le musicien Ojûn rejoint le projet Passages en 2024. OJÛN questionne les frontières, les cultures et les styles musicaux afin de développer un projet artistique singulier faisant la part belle au mouvement et à l’itinérance, un des pivots du projet dont une des particularités est de sillonner le territoire à la découverte du patrimoine naturel, culturel et historique.
Le fil conducteur qui rassemble les partenaires est le souvenir : comment reconvoquer des souvenirs liés à des endroits que l’on aime, dans lesquels on se souvient de moments émancipateurs, en passant par la visite de lieux patrimoniaux remarquables du territoire lorientais, de sa rade et en partant à la rencontre d’acteurs locaux (artistes, médiateurs.trices, experts du territoire, etc.).
La réalisation de cartes postales sonores mettent en lumière le rapport des bénéficiaires à des lieux emblématiques du territoire, ou tout simplement à des villages, des villes du territoire, et encore à des questions de société soulevées par les experts/acteurs locaux rencontrés tout au long du projet.
Une émission en public et un live musical seront réalisés en juin 2026 avec le musicien Ojûn, Lezzi et Radio Balises.

Projet culture santé subventionné par la DRAC direction régionale des affaires culturelles, financé par la Sauvegarde 56, Hydrophone et le Théâtre de Lorient
« Réinsertion : faire entendre sa voix avec la Sauvegarde 56 »
CAPSULES SONORES – Épisode 1 à 3
RETROUVER SES LIEUX D’ENFANCE
Le projet culture santé organisé avec le Kab’s (Kerpape Addictologie Bretagne Sud), structure de santé nouvellement installée à Kerpape, rassemble deux services d’accueil le foyer Kerdudo pour les femmes et le foyer le Phare pour les hommes.
Magali Mougel, autrice et artiste compagnonne du Théâtre de Lorient, dispense un atelier d’écriture sur 3 jours à partir de souvenirs sur les lieux de l’enfance.
Lors de cet atelier d’écriture, les participants partent en quête de ces ICI, lieux de l’enfance, espace mental, onirique ou réel qui les font pousser, avec lesquels ils ont poussé et surtout qui les poussent vers l’envie de futur. « C’est toujours ici que nous sommes là » comme l’écrit Etienne Helmer dans son ouvrage Ici et Là : Une Philosophie des Lieux.
Nathalie Ansquer et Tristan Le Goff, comédien.n.e.s du territoire, proposent ensuite un atelier de pratique théâtrale pour mettre en scène les textes écrits avec Magali Mougel.
Une restitution est organisée le mercredi 7 mai au Studio Joseph Ponthus rue du tour des portes à 14h30 (entrée libre sur réservation).
Projet subventionné par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC Bretagne) et financé par le Théâtre de Lorient.
DANSER COMME RÉPARER LES VIVANTS
Que peut le corps quand le corps ne semble pas pouvoir ?
Que peut l’artiste dans un contexte où tout est effectif ?
Accepter l’expérience. L’expérience du hors-sens.
Ce projet avec ces jeunes de Kerpape nous a mis face à ce réel.
La danse par son essence si intime est venue réveiller un imaginaire et faire représentation de l’être niché au fond de ces corps.
Les corps sont lourdement handicapés, les êtres sont profondément humains.
L’enjeu d’un projet tel que celui-ci est que le geste artistique vienne nous ouvrir une nouvelle attention à l’autre.
Ce projet n’est pas venu pour réparer ni soigner ; par contre il va être support d’une nouvelle expérience pour se décaler de son évidence.
« Sa majesté » nous disait un adolescent.
Nous ne sommes que le reflet de ce qu’il a cherché en lui.
La grandeur d’un corps en mouvement, c’est de révéler à chacun sa richesse intérieure.
Ces adolescents ont été majestueux, ils nous ont transmis à nous artistes et spectateurs ce que peut être une partie de notre humanité, dans ce hors-sens de la vie.
Katell Hartereau et Léonard Rainis, Le Pôle